dimanche 8 novembre 2009

D'un sein à un saint. ARÉOLE. AURÉOLE.



D'un sein à un saint. ARÉOLE. AURÉOLE.

Il suffit parfois d'ajouter une voyelle, un simple '' u '', pour passer d'un sein (''aréole'')  à un saint ("auréole'').Vous verrez plus bas qu'il a été question un moment de changer '"l'aréole" des seins par "l'auréole" des saints. Et vous verrez aussi que certains dictionnaires faisaient perdre aux hommes l'aréole de leurs seins.  Note : pour toutes les photos du blogue, ci-haut ou plus bas, cliquez sur une photo pour l'agrandir, cliquez ensuite sur votre ''retour de page'' pour revenir sur la page consultée ( pas sur le X de votre ordinateur ).

 Le mot '' aréole '' apparaît dans l'édition de 1718 du dictionnaire de Trévoux selon le '' Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française ''  de Paul Robert ,dans son édition de 1965. Je n'ai pas pas l'édition de 1718 du Trévoux, mais je trouve bien le mot ''aréole '' dans l'édition de 1771 que je possède, la dernière édition du Trévoux. Une '' aréole '', c'est  " le cercle coloré qui environne le mamelon.''  Voici la définition du dictionnaire :

Aréole ( Dictionnaire de Trévoux, 1771)
Nous ferons aussi du Trévoux notre référence pour le mot "auréole''.  L'auréole, c'est la '' Couronne de gloire '', le " cercle de lumière que les Peintres & les Sculpteurs mettent autour de le tête des Saints, des Vierges, des Martyrs, & des Docteurs, pour marque de la victoire qu'ils ont remportée. (...) "  ( Note : il y a aussi ce mot, "nimbe", qui a un sens semblable. J'en parlerai une autre fois. )
Voyez la définition:

Auréole ( Dictionnaire de Trévoux, 1771)
Il a été question, à un moment, d'étendre le sens du mot ''auréole'' pour qu'il couvre aussi le sens de l'aréole des mamelons. Bref, l'auréole qui entoure la tête des saints aurait aussi entouré le mamelon des seins ! C'est dans le '' Nouveau dictionnaire national ou dictionnaire universel de la langue française "  par Bescherelle Aîné ( 1887 ) que je trouve cette information . Voyez au bas de la photo de la définition du mot ''auréole'' ( " Anat. On a proposé de substituer ce mot à celui d'aréole...); la suite sur la seconde photo.

Auréole, début de l'article ( Dict. Bescherelle, 1887)

Auréole, suite ( Dict. Bescherelle, 1887 )
Donc " on a proposé de substituer ce mot ( auréole ) à celui d'aréole, pour désigner ces cercles ou disques colorés et superficiels tel que le cercle coloré qui entoure la base du mamelon, (...)"  Le Bescherelle  n'en dit pas plus sur cette proposition qui n'a visiblement pas été retenue. Les saints gardent leur " auréole '' et les seins gardent leur " aréole '' . Ouf !
Mais attention. S'il n'en tenait qu'à la définition du mot '' aréole '' que je trouve dans le dictionnaire monumental du grand Émile Littré, le mot '' aréole '' ne s'applique qu'au mamelon des femmes. Les seins des hommes ont été oubliés. Pour Littré, l'aréole, c'est, entre autres acceptions, le " cercle coloré qui entoure le mamelon de la femme ''. Voyez la définition. Cliquez sur l'image pour l'agrandir (retour de page pour revenir).

Aréole ( Dictionnaire Littré, 1863)
Pardonnons au grand Littré cette '' erreur ''.  On trouve aussi une définition semblable dans la septième édition du Dictionnaire de l'Académie française ( 1878 )  ( Aréole. s.f. (...) Il se dit principalement Du cercle coloré qui entoure le mamelon de la femme, ... ) :


Aréole ( Dict. de l'Académie française, 1878)
Si on devait se fier à de telles définitions il n'y aurait pas d'aréole autour du mamelon masculin. Le Dictionnaire de l'Académie corrigera dans sa huitième édition ( 1932-1935 ). 
Avant de vous laisser, et pour vous  remercier de m'avoir suivi aussi aussi loin dans cet article, je vous montre ici l'oeuvre dont j'ai retenu un détail en début d'article pour montrer les aréoles de deux mamelons. Cette oeuvre se nomme '' Ave Luna ''  et a été peinte il y a quelques années par le grand artiste Denis Jacques.



Vous aurez remarqué que le modèle est auréolé de la lune; d'où son nom, " Ave Luna '' . Pour joindre l'artiste, monsieur Denis Jacques : denisjacques@videotron.ca 

La belle miniature, en haut de cet article, qui montre des saintes auréolées est tirée du '' Nouveau Larousse Illustré ''  ( tome sixième ) . Le sujet est : " Anne de Bretagne entourée de ses patronnes, miniature des Grandes Heures d'Anne de Bretagne ( commencement du XVIe siècle ).Voici la pleine page :



Merci donc aux artistes d'hier et d'aujourd'hui qui ont illustré cet article, et merci aussi à tous ces lexicographes qui ont défriché pour nous. Ces lexicographes pourraient reprendre le mot du pianiste André Gagnon : " Même mes fausses notes viennent du coeur '' .

samedi 31 octobre 2009

'' Au saillir de mon enfance..." ( Philippe de Comines )


'' Au saillir de mon enfance...'' ( Philippe de Comines )

Philippe de Comines ( 1447-1511 ), est un chroniqueur français auteur de Mémoires sur les règnes de Louis XI et de Charles VIII . Je parle, dans l'article plus bas, de la belle édition in-folio de ses Mémoires, publiée en 1649. La photo que vous voyez ici montre, dans ce livre ancien, un plan rapproché de la première page du Chapitre Premier du premier Livre des Mémoires de Comines. Il y a huit Livres dans les Mémoires de Comines. L'auteur commence ainsi : '' Au saillir de mon enfance, et en l'aage de pouvoir monter à cheval, je fu amené à l'Isle, devers le Duc Charles de Bourgogne, (...) '' .
On le devine aisément, quand Philippe de Comines écrit  " Au saillir de mon enfance... ''  il faut entendre aujourd'hui  '' Au sortir de mon enfance...'' . Mais il a fallu que j'ouvre plusieurs de mes anciens dictionnaires avant d'en obtenir la confirmation. Je l'ai finalement trouvée dans le dictionnaire de Pierre Richelet ( édition de 1728 ). Voyez la photo, à peu près au centre. Il y est écrit :  * Saillir, v.n. ( eminere, exire. ) Ce verbe pour dire sortir n'est plus en usage ( Voir note au bas de cet article sur le signe * ) . Comme toujours, il faut cliquer sur les photos pour les voir en pleine page. Cliquez ensuite sur votre '' retour de page '' pour revenir sur le blogue.


Ce verbe, saillir, est assez curieux; selon le sens qu'on lui donne, sa conjugaison change. Voyez ce qu'en dit le Dictionnaire de l'Académie française dans sa septième édition ( 1878 ) :



Mais comment conjuger le mot '' saillir '' dans l'acception choisie par Philippe de Comines ? Je suppose qu'il faudrait s'en tenir à la première conjugaison ( Je saillis, tu saillis, il saillit...) parce que le renommé chroniqueur '' sortait avec impétuosité '' de son enfance. Je termine en vous laissant la photo de la pleine page d'où je tirais le gros plan qui est au début de cet article. Remarquez, de nouveau, la charmante lettrine au début du texte, et voyez la belle gravure qui coiffe la page :


Merci cher lecteur de m'avoir suivi jusqu'ici. Au saillir de cet article, je veux vous dire que le prochain sujet que j'aborderai sera plus léger, ou plus libre. Mais je ne parlerai pas de cavales ''saillies'' par de beaux étalons...

Note sur la définition de '' saillir '' dans le Richelet . Vous remarquez ce signe :   près de la définition. Voici ce qu'en dit le dictionnaire, au début de son premier tome, dans  ''Explication des marques qu'on a mises aux mots, & des accens dont on les a marquez''  ( sic ) :

'' L'étoile * qu'on met à côté d'un mot ou d'une phrase, montre que le mot ou la phrase sont au figuré, au lieu qu'il faut les prendre au sens propre, quand il n'y a point de marque. ''

Qu'on me permette d'ajouter que le mot '' étoile '' pour désigner le signe * est plus charmant que le mot ''astérisque'' qui vient du grec ( asteriskos ; '' petite étoile '' ) et que l'usage a retenu.

Mémoires de Philippe de Comines ( 1649 )


Mémoires de Philippe de Comines ( 1649 )

J'aimerais partager avec vous, cher lecteur, quelques images d'un livre ancien que je viens d'acquérir. Je collectionne principalement les anciens dictionnaires de langue française mais quand un beau livre, que je ne cherche pas, décide de  me trouver,  je me sens obligé de l'acheter si le prix, sans être celui de l'occasion, est tout de même correct. Le livre que nous voyons ici est une édition des ''Mémoires de Messire Philippe de Comines, Seigneur d'Argenton, contenans l'Histoire des Roys Louys XI & Charles VIII, depuis l'an 1464 jusques en 1498'', par Denys Godefroy, à Paris ( Imprimerie Royale ), 1649. Ce n'est pas la première édition de ces Mémoires. Je n'ai pas vu les précédentes, mais celle-ci, dite '' du Louvre '', est fort belle. L'exemplaire, un fort volume in-folio, a une reliure qui a un peu souffert; elle est usée, la pièce de titre est presque disparue, mais le livre se tient bien et les pages sont d'une fraîcheur étonnante. Voici la page de titre :



L'auteur, visiblement, a voulu produire une édition définitive. Je ne suis pas un spécialiste des Mémoires de Comines, mais on sent à chaque page une recherche documentaire et de nombreuses explications qui laissent l'impression que nous avons là un ouvrage d'une grande érudition. On trouve entre autres deux grandes tables généalogiques, l'une vers le début et la seconde vers la fin du livre. La première établit la généalogie des rois Louis XI et Charles VIII  tandis que la seconde établit celle de Philippe de Comines. Voici la table généalogique " servant à faire voir les degrez de consanguinité et parenté entre quelques roys & Princes du sang de France, issus en ligne masculine du Roy Louys Le Gros..." . Ma montre de poche ( 4,5 cm de diamètre ), en bas à droite, donne une idée du format de la page .



Et voici maintenant la '' Généalogie de la Maison de Messire Philippe de Comines, Chevalier, Seigneur d'Argenton, Autheur des susdits Mémoires ''. Je ne vous demande pas de la lire ligne à ligne, mais voyez le travail :




Ce beau livre contient plusieurs charmantes gravures qui marquent le début, ou la fin, des huit " Livres ''  qui composent les Mémoires de Comines. Ne voici que deux photos; je ne veux pas trop allonger. Remarquez la fraîcheur de ce papier qui a trois cents cinquante ans :








J'arrête ici cette présentation mais je vais y revenir bientôt pour la compléter. Il sera question du mot ''saillir'',
dans une acception, maintenant vieillie, qu'a utilisée Philippe de Comines.

Merci de nouveau à tous mes lecteurs, fidèles ou de passage.

lundi 26 octobre 2009

"...coifée en cheveux..." Expression oubliée.


"Karine", oeuvre de Dany Ferland

''...coifée en cheveux...'' ( sic ) Expression oubliée.

On trouve cette expression, à l'orthographe changeante, dans les dictionnaires d'autrefois. On veut marquer par cette expression qu'une femme ne porte pas de coiffe pour se parer et que ce sont ses seuls cheveux qui font, si on peut dire, sa coiffe. Je tire ici l'expression du dictionnaire de Pierre Richelet, dans son édition de 1728. Elle se trouve dans le corps de la définition de '' faux cheveux ''.  Le Richelet ne met qu'un seul ''f'' au mot " coifée " . Voyez le texte du dictionnaire :


On devine, à cette lecture, qu'il était fréquent à l'époque que les femmes couvraient leur chevelure d'une "coife '', si bien que c'est par rapport à la coiffe qu'on parle de l'arrangement de la chevelure qui n'en porte pas. Je profite de l'occasion pour publier une image de coiffes anciennes que je trouve dans le ''Nouveau Larousse Illustré'' ( 1897-1904 ) ( 7 tomes + un Supplément ) :


On rencontre de moins en moins dans le métro des femmes qui portent de telles " coiffes " . Voici, tiré du même dictionnaire, une page qui illustre le mot '' coiffure '' . On y voit plusieurs femmes qui sont  " coiffées en cheveux '' . Pour agrandir, cliquez sur la photo. Pour revenir, cliquez sur votre '' retour de page ''.


Pour montrer que l'orthographe du mot '' coiffer '' et de ses dérivés est changeante au XVIIIe siècle, je vous laisse un extrait tiré de la troisième édition du Dictionnaire de l'Académie française ( 1740 ). On écrit ''coeffer''  et ''coëffer '' . Vous reverrez dans le corps de l'article l'expression  '' se coëffer en cheveux '' :





Et pour en remettre sur l'orthographe changeante, le Dictionnaire de Trévoux, dans sa dernière édition ( 1771 ), écrit ''coeffe '', souligne que ''coiffe '' est l'orthographe de l'Académie, et plus loin dans le texte l'écrit en ajoutant un tréma, donc ''coëffe'' . Ça décoiffe toutes ces orthographes.



Je souligne que je n'ai pas mis dans cet article tous les sens qu'on trouve au mot '' coiffe '' dans mes vieux dictionnaires. Je ne veux pas trop allonger et il fallait centrer cet article pour éviter de se perdre. On peut creuser jusqu'en Chine les sens des mots '' coiffer '' ou  '' coiffe '' .

La belle oeuvre qui coiffe cet article est un portrait à la mine de plomb réalisé par le jeune portraitiste québécois Dany Ferland. C'est un homme de grand talent qui ira loin. Cliquez sur l'oeuvre pour la voir en grand format et pour apprécier les détails. Pour revenir sur le blogue, cliquez sur votre '' retour de page '' .

Titre de l'oeuvre : '' Karine '' . Oeuvre réalisée probablement en 2005.
Pour joindre l'artiste : danyferland7@hotmail.com
Note : Ce blogue n'est pas un site marchand et les artistes dont je possède des oeuvres ne m'ont pas demandé d'y être nommés ou de faire la promotion de leurs oeuvres. Celà dit, soutenons les artistes de talent.

Je remercie tous mes lecteurs, fidèles ou de passage.




mardi 20 octobre 2009

CONGRÈS. Épreuve sexuelle au XVIIe siècle.



CONGRÈS. Épreuve sexuelle au XVIIe siècle.

Chacun sait que le mot '' congrès '' , de nos jours, a comme sens premier une '' réunion de personnes qui délibèrent sur des recherches, des études communes ou des intérêts communs en différents domaines. Un congrès international de cardiologie. (...) ''   Source :  Le Petit Larousse Illustré 2005.
Mais anciennement, le mot '' congrès '' n'avait pas du tout cette signification. Il désignait plutôt une épreuve où des conjoints devaient prouver leur capacité sexuelle en s'accouplant devant des témoins. Le sens moderne n'existe même pas dans les anciens dictionnaires. Voyez la définition qu'on trouve dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie française ( 1694 ). J'ai choisi un plan photo plus large pour bien montrer qu'on ne donne pas d'autre sens au mot '' congrès '' ( écrit avec un '' z '' final dans le dictionnaire ). Le mot qui nous intéresse est au centre de la photo. Pour bien voir, cliquez sur la photo; pour revenir cliquez sur votre '' retour de page ''. Donc :



Le dictionnaire de Pierre Richelet, dans son édition de 1728, ne donne pas d'autre sens lui non plus. Voici la photo pertinente :


Pour mieux comprendre cet ancien '' usage du congrez '', aboli en 1677 comme le disent les dictionnaires, voici l'article que consacre au ''congrès''  le Dictionnaire de Trévoux , dans sa dernière édition, celle de 1771. L'article tient ici sur deux photos :



Notez, à la fin de l'article, les deux petites '' mains '', qui montrent des ajouts . Près de la première main, on indique que '' congrès '' se dit aussi  ''d'une assemblée de plusieurs Ministres des différentes Puissances qui se sont rendus dans le même endroit pour traiter, discuter...''. C'est le sens moderne qui se prépare. Et voyez près de la seconde main, ce mot, ''congression'', ''synonyme à congrès; accouplement du mâle & de la femelle''. On voit bien qu'à l'époque le mot ''congrès'' portait en lui, si je puis dire, le sens d'un accouplement.
Pour ceux qui veulent aller plus loin, je laisse ici un article intéressant qu'on trouve dans le Grand Dictionnaire Universel de Pierre Larousse, publié au XIXe siècle. La police de caractère ne change pas dans l'article, c'est le recadrage entre la première photo et les deux suivantes qui change la taille des lettres.




Je vous laisse là-dessus.
L'oeuvre que j'ai choisie pour illustrer cet article est une peinture remarquable réalisée en 1999 par le grand portraitiste québécois Denis Jacques. Courriel de monsieur Jacques : denisjacques@videotron.ca
Titre de l'oeuvre : '' La Promise ''.



mardi 13 octobre 2009

GRIPPE. Anciennement, pas une maladie infectieuse. On disait plutôt '' fièvre ''.

GRIPPE. Anciennement, le mot ''grippe'' n'avait pas la même signification qu'aujourd'hui; pour parler de la maladie infectieuse, que nous appelons aujourd'hui ''grippe'', on employait plutôt le mot ''fièvre''. Dans les dictionnaires du XVIIIe siècle, le premier sens du mot ''grippe'' c'est une ''Fantaisie, un goût capricieux'' qui s'emparent d'une personne. Quant à ''gripper'', c'est ''Attraper, ravir subtilement'' . Voyez ici les articles pertinents dans la quatrième édition du Dictionnaire de l'Académie française (1762 ) :


Voici maintenant les définitions qu'on trouve dans le ''Dictionaire critique de la langue française'' de l'abbé Féraud ( 1787 ) . ( Féraud écrit ''dictionnaire'' avec un seul ''n''. Le dernier, et troisième tome de son dictionnaire, porte la date de 1788 ) . Féraud va dans le même sens que l'Académie. Pour cette photo, comme pour toutes les photos du blogue, cliquez dessus pour qu'elle s'affiche en grand format. Cliquez sur votre ''retour de page'' pour revenir.


Voici, pour terminer, la définition du mot ''fièvre'' que donne le Dictionnaire de l'Académie dans sa quatrième édition ( 1762 ). On voit bien qu'à l'époque la ''fièvre'', au sens médical, c'est d'abord  notre ''grippe'' d'aujourd'hui; mais on voit aussi qu'on regroupe sous ce mot notre ''fièvre'' moderne, quand on fait ''de la température''. On lit, dernière photo : " L'Automne est la saison de l'année la plus fiévreuse. ''



Je suis un peu las de parler de ''peste'', de ''grippe'' et de ''fièvre''. Je termine donc ici ce que je pourrais allonger. Je ne veux pas que mes lecteurs me prennent en grippe ou '' se prennent de grippe '' contre moi, comme le dit le Dictionnaire de l'Académie de 1762. Les prochains sujets seront plus légers, ou plus libres...

jeudi 8 octobre 2009

PESTE . Académie ( 1694 ) , Trévoux ( 1771 ).

Puisque la grippe A ( H1N1 ) ne nous lâche pas dans les nouvelles, je veux ici tenter de me consoler, et mes lecteurs aussi, en rappelant que la '' peste '' fait souffrir l'humanité depuis longtemps. Donc j'écris en vitesse cet article avant que l'ange noir A ( H1N1 ) ne m'emporte. Mais si j'en trépasse, j'aurai au moins la consolation de ne plus en entendre parler et de ne plus craindre sa venue.
Voici la définition que donne du mot '' peste '' la première édition du Dictionnaire de l'Académie française ( 1694 ). J'ajoute aussi la page de titre du tome second de ce Dictionnaire, où se trouve la définition du mot ''peste''. Nous apprenons que la peste est une '' Contagion, sorte de maladie epidemique, qui provient ordinairement d'une corruption générale de l'air, & qui cause une grande mortalité. "  Voici le texte au long. Au besoin, cliquez sur la photo pour qu'elle s'affiche en grand format; cliquez ensuite sur le '' retour de page '' de votre ordinateur pour la ramener à sa dimension normale. C'est toujours la même procédure pour chaque photo du blogue. Évitez de cliquer sur votre '' X '' , ce qui vous ferait quitter le blogue. Donc :


Pour y voir plus clair, consultons maintenant le Dictionnaire des Arts et des Sciences ( 1694 ), qui complète celui de la Langue que je viens de citer. Nous apprenons que la peste est une '' Maladie tres-contagieuse & épidémique, qui vient d'un levain venimeux receu de l'air & multiplié ensuite par contagion, qui attaque les hommes comme par embusches & met leur vie en danger. Ce corpuscule contagieux est extremement subtil; ce qui luy donne la facilité de se répandre & de se multiplier. (...) "  Nous voici informés par la science de nos aïeux ! Je joins ici, plus bas, la longue définition et la page de titre du tome second où se trouve l'article. Vous noterez, à la fin de la deuxième photo ( celle qui porte le numéro de page 198 ), des recettes qui devaient, supposément, protéger de la maladie : '' Comme la peste attaque principalement ceux qui sont à jeun, ce que font aussi les fievres malignes, on ne doit point sortir que l'on n'ait mangé un morceau de pain & beu un verre de vin d'absynthe. Le vin camphré est aussi une excellente précaution. On prend un verre de vin & la grosseur d'un pois de camphre. Aprés qu'on a allumé le camphre, on le jette dans le vin, où il brûle en nageant dessus. Il faut le rallumer s'il s'éteint, & continuer jusqu'à ce que le camphre soit consumé. Ce vin bû est un préservatif singulier. ''  Note : ne vous lancez pas à l'aveuglette dans cette voie. Ne suivez pas cette recette que je tire ici d'un ancien dictionnaire vieux de plus de trois siècles. Écoutez plutôt les conseils de votre médecin. Je demande à mes lecteurs d'excuser cet avis, mais à notre époque on n'est jamais trop prudent...



Poursuivons nos recherches avec la dernière édition du Dictionnaire de Trévoux ( 1771 ). Nous apprenons ici qu'on appelle la peste " épidémie " " ..., quand la corruption vient de l'air, qui fait mourir en peu de temps une grande quantité de peuple. (...) " 
Dieu merci, il y a des remèdes. Nous lisons dans le même article qu'un médecin français, M. le Duc, " pour se garantir de la peste, s'appliquoit quatre crapauds séchés sur les aînes & sous les aisselles, qui lui servoient de vésicatoires. (...)"  Nous voici donc rassurés. Quatre crapauds suffisent. Oublions donc tous ces vaccins qui sont si dangereux aux dires de certains; comme ces passagers d'un bateau qui refusent de porter un gilet de sauvetage dans la tempête au cas où le gilet les étoufferait, mais qui seront heureux de s'accrocher à celui des autres s'ils tombent à l'eau. ( Ajout du 22 octobre : le gilet de sauvetage est peut-être moins sécuritaire qu'on ne le croit finalement. Les crapauds sont peut-être plus sûrs ! ) Mais poursuivons notre lecture. Le meilleur remède le voici : ''Le vrai remède contre la peste c'est de fuir de bonne heure, & de revenir tard.''
Voyez la photo :

Je complète avec une autre photo où on donne d'autres moyens pour se prévenir de la peste. J'y laisse le bas de la première photo pour faire sentir la mise en page originale. Pour lire plus aisément, cliquez sur la photo pour l'agrandir. Comme toujours, pour revenir, cliquez sur le '' retour de page '' de votre ordinateur; pas sur le '' X " qui lui, vous fera quitter tout le blogue.
Pour terminer, voici la page de titre de ce sixième tome du Dictionnaire de Trévoux ( 1771 ). Le Dictionnaire de Trévoux en compte huit. Les exemplaires du Trévoux ne sont pas rares mais il coûtent cher.

Dans les prochains jours je montrerai que le mot '' grippe '' n'avait pas, anciennement, le sens d'aujourd'hui.