dimanche 10 avril 2016

Envoi autographe pour Paul Verlaine!

"À Paul Verlaine/Affectueux hommage/Dauphin Meunier"
Je vous présente aujourd'hui un recueil de poésie qui a peut-être appartenu à Paul Verlaine (1844-1896), le grand poète. Il porte un envoi autographe d'un autre poète, moins connu, Dauphin Meunier (1868-1927).  Il offre à Verlaine un exemplaire de son recueil de poésie, "Élégies Royales", publié en 1892. Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Couverture originale des "Élégies Royales" sur papier-parchemin.

Ce petit livre a été tiré à 300 exemplaires: "Un exemplaire spécial no 1, douze exemplaires sur papier de Hollande, nos 2 à 13, et deux cent quatre-vingt-sept exemplaires sur vélin, nos 14 à 300." Celui-ci porte le numéro 51.

Justification du tirage. Ici, le no. 51 de 297 exemplaires sur vélin.

Une des premières pages du recueil porte un portrait de Dauphin Meunier, par Albert E. Sterner.

Portait de Dauphin Meunier, par Albert E. Sterner

Voici une photo qui montre le joli marbré que porte la couverture. J'y ai déposé ma montre de poche pour donner une idée de la taille de ce petit livre de 82 pages.


Je termine avec ces deux photos qui montrent le texte d'un joli poème, nommé "Chanson".



Ce petit recueil de poésie a-t-il vécu, si je puis dire, sur les rayons de la bibliothèque de Paul Verlaine,  témoin de sa vie privée? Probablement, mais on ne peut pas l'affirmer avec certitude. Certes, Dauphin Meunier destinait l'exemplaire à Verlaine, mais lui a-t-il remis de main à main? Verlaine a-t-il tenu ce livre? Je veux le croire, mais rien n'est certain.



dimanche 3 avril 2016

Précieux exemplaire du "Diable au corps" de Raymond Radiguet, signé de sa main!

Envoi autographe de Raymond Radiguet à Émile Henriot. Mars 1923.
Je vous présente aujourd'hui un rare exemplaire du célèbre roman "Le Diable au corps" (1923) de Raymond Radiguet (1903-1923). Cet exemplaire m'est précieux pour plusieurs raisons: c'est un des exemplaires de service de presse que Radiguet destinait aux critiques pour annoncer son roman; ce roman, alors nouveau, est un chef-d'oeuvre qui a marqué la littérature française; il porte une dédicace de la main de Radiguet adressée à Émile Henriot (1889-1961), critique littéraire qui va populariser l'expression "nouveau roman". On lit : "À monsieur Émile Henriot / Sincère hommage / Raymond Radiguet / Mars 1923". Radiguet, encore jeune, mourra neuf mois plus tard, le 12 décembre 1923. Je note que la jolie reliure du livre, toute simple, porte le nom de Constant Dreneau, relieur renommé:

Reliure portant la marque de Constant Dreneau
Voici un plan de la couverture originale du livre, heureusement conservée par le relieur. Fragile, elle est un peu effrangée et on voit une ombre légère à gauche. Légères imperfections qui ne nuisent pas plus à l'exemplaire qu'une ride sur le visage d'une belle femme!


Couverture originale du "Diable au corps"

Je termine ce court article en vous montrant un plan de la jolie reliure jaune de Constant Dreneau:

Reliure de Constant Dreneau

Merci à vous tous d'avoir attendu si longtemps la reprise de mes publications sur ce blogue. Un clin d'oeil ici à Mme Valérie Amato qui m'a posé récemment une question après avoir lu un autre article de ce blogue, ce qui m'a poussé à redonner vie à ces pages!

Chers lecteurs, chères lectrices...

Chers lecteurs, chères lectrices de ce blogue, je vous dois une courte explication. Je n'ai pas écrit depuis plusieurs années sur mon blogue. J'y suis toujours attaché, mais je suis sorti de la courte retraite qui me permettait d'y écrire à loisir. Je travaille à plein temps comme conseiller politique, ce qui me laisse moins de temps pour publier. Cependant, quand je vois les constantes visites que reçoit toujours mon blogue je regrette de ne pas l'alimenter de nouveaux articles. Je prends la résolution d'en publier d'autres. Je vous remercie de votre intérêt. Entretemps, vous pouvez communiquer avec moi par courriel à : pierrebouillon1@gmail.com
Je vous souhaite bonne lecture!

mardi 29 octobre 2013

"Chants et prières pour des pilotes" de Jules Roy (1943). "J'aurais aimé partir avant vous et vous laisser légers de moi tandis que me voici lourd de votre pensée..."

"Chants et prières pour des pilotes" de Jules Roy (1943)
Ce sera bientôt le Jour du Souvenir (11 novembre). Pour souligner cette commémoration des soldats qui ont fait le sacrifice de leur vie ou qui ont subi des blessures lors de la Première guerre mondiale ou des autres guerres qui ont suivi, je vous propose un poème de l'écrivain et pilote Jules Roy (1907-2000). Ce poème, dont les premiers mots sont "Mes plus chers amis sont des morts" est en tête d'une plaquette publiée à Alger, en 1943, aux éditions E. Charlot. Le titre de l'ouvrage: "Chants et prières pour des pilotes". Le premier tirage de cet ouvrage a été limité à mille sept cents exemplaires (1700); le mien porte le numéro 502. On compte aussi cent exemplaires réservés à l'auteur et à la presse ainsi que douze exemplaires sur Canson et vingt-quatre sur Vergé Ingres. Voici les deux photos de ce poème qui est très touchant. Pour vous épargner une lecture sur photos, le texte suivra.

Poème "Mes plus chers amis sont des morts" de Jules Roy
Voici le texte:

Mes plus chers amis sont des morts.

Je les retrouve dans la rue
en ceux qui leur ressemblent
et dans ces maisons froides où j'entre en frissonnant.
Leur souvenir m'est un chemin doré sous les halliers d'automne,
une présence à ma solitude.

O mes vieux compagnons des beaux jours d'autrefois,
ô copains avec qui je souriais aux femmes,
ô camarades d'équipage disparus les premiers
quand il restait tant de ciels à contempler
et tant de route à faire ensemble!

J'aurais aimé partir avant vous et vous laisser légers de moi
tandis que me voici lourd de votre pensée
qui n'a pas séché dans mes yeux avec les larmes.
Je vous demeure fidèle comme à celle que j'aimai,
ma première lune d'amour,
dans le jardin de roses de mon unique mois de mai.

Nous parlions le langage secret
des chevaliers d'une autre Quête.
Nous n'étions point jaloux les uns des autres
du même amour qui nous brûlait
et dont l'Accomplissement suprême était la Mort.

Survivant de votre aventure
je vous donne, à la terrasse des bistrots,
des rendez-vous où vous ne venez plus.
Préparez-moi une bonne place où vous êtes:
au chaud l'hiver, au frais l'été.

Il n'est de véritable ami qu'un mort.


Voici la page de titre et la justification du tirage:

"Chants et prières..." Page de titre.
"Chants et prières..." Justification du tirage.
Ayons donc une pensée pour tous ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie ou qui ont été blessés lors des dernières guerres.

mercredi 14 août 2013

Je cherche, au Québec, "Le Trésor de la langue française". 16 volumes.

Chers lecteurs, je cherche, au Québec, l'édition complète du "Trésor de la langue française", en 16 volumes, parue de 1971 à 1994 (C.N.R.S./Gallimard). Des libraires français ou américains proposent des exemplaires sur internet mais le prix du transport de ces seize gros volumes est prohibitif. Je ferai une offre intéressante à un libraire, à une institution ou à un amoureux des livres qui me proposera un exemplaire en bel état. Je peux passer prendre les volumes dans toutes les régions sauf dans le Grand Nord québécois! Cela dit, je n'hésiterai pas non plus à faire un petit voyage dans la belle région d'Ottawa! On peut m'écrire à: pierrebouillon1@gmail.com 
Mon compte Twitter est: @PBouillon
Je vous souhaite une belle journée.

mardi 7 mai 2013

Appel à tous. Pouvez-vous identifier ce sceau? A-t-il appartenu au jurisconsulte François Hotman (1524-1589) ?

Sceau. 
Chers lecteurs, je fais appel à vous pour identifier ce sceau qui est dans un de mes anciens dictionnaires. Le  dictionnaire qui porte ce sceau (*) a été imprimé à Paris, en 1539, chez Robert Estienne. Je devine, en haut, un animal, qui ressemble à un chien, debout, deux pattes portées vers l'avant. À gauche, deux lettres, probablement un F et un H. À droite, une lettre, sans doute un V. Dans la moitié inférieure du sceau on voit blason qui a la forme d'une lyre avec en haut un signe en forme de V. Pourriez-vous m'aider?

Ajout du mercredi 8 mai. Une piste!

Une recherche que j'ai faite pour trouver des personnages de renom de la France du XVIe siècle dont le prénom commence par un F et le nom par un H me mène à une hypothèse. Le sceau est peut-être celui de Francois Hotman, célèbre jurisconsulte, né à Paris en 1524 et mort à Bâle en 1589. J'ai vu qu'il a publié, en 1554, chez Robert Estienne justement, un Commentariorum in Orationes Ciceronis. Et, tenez-vous bien, François Hotman a publié, en 1560, un pamphlet, "Épistre envoyée au Tigre de la France", où il dénonçait les excès du cardinal de Lorraine. Ce n'est peut-être pas un chien mais plutôt un "tigre" rétif et encaqué qu'on voit sur le sceau. Si cette piste devait s'avérer, l'exemplaire de cet ancien dictionnaire du XVIe siècle, que je vous présenterai sous peu, aurait donc une provenance exceptionnelle.

Vous pouvez laisser un commentaire ici ou vous pouvez m'écrire directement à : pierrebouillon1@gmail.com

(*) Je présenterai ce dictionnaire dans un prochain article.

mardi 2 avril 2013

Autographe d'Antoine de Saint-Exupéry. 1942.

Envoi autographe d'Antoine de Saint-Exupéry. 1942.
Je vous présente aujourd'hui, cher lecteur, un envoi autographe du célèbre aviateur et écrivain Antoine de Saint-Exupéry. Ce héros français est né à Lyon, en 1900, et il est disparu, en pleine guerre, lors d'une mission en avion, en 1944. Je ne suis pas spécialiste des autographes de Saint-Exupéry mais ils semblent peu communs sur le marché. Cet envoi autographe est sur la page du faux-titre d'un exemplaire de "Pilote de Guerre" (1942, Éditions de la Maison Française, New York). J'ai acheté ce livre, à Québec, d'un ami libraire.

Voici l'exemplaire. Sa reliure est jolie mais modeste.

Exemplaire de ''Pilote de Guerre" (1942) dédicacé par Antoine de Saint-Exupéry
Voici maintenant, en plan large, la page du faux-titre qui porte l'envoi autographe (la dédicace si vous préférez) du grand Saint-Exupéry. Cliquez sur la photo pour grossir l'image. 

Plan large. Page du faux-titre avec l'envoi autographe de Saint-Exupéry.

Voyons, de plus près, l'autographe:

Gros plan de l'envoi autographe de Saint-Exupéry
On lit donc:
''Pour madame Gabrielle O. Chassé 
En très amical souvenir
Antoine de Saint-Exupéry''

L'écriture de Saint-Exupéry, sa signature en particulier, est en pattes de mouche et difficile à lire. Est-ce qu'il a bien tracé, par exemple, un trait d'union entre Saint et Exupéry? Je ne le sais pas. D'un homme si courageux et si volontaire je m'attendais à une écriture puissante, à larges traits. Je ne suis pas graphologue mais je devine dans cette écriture une minutie, une "application attentive" (Le dictionnaire de Paul Robert, 1965, au mot "minutie") qui me surprend chez ce grand aventurier qui a tout bravé pendant sa vie trop brève.

Sur une page de garde de l'exemplaire une personne a écrit, au crayon, en haut de la page: Gabrielle O. Chassé. Et on voit plus bas, toujours au crayon, de ce qui semble être de la même main: 14-4-42. Voici deux photos:



Inscription 14-4-42 et tampon de la Librairie Garneau.

Il est donc permis de croire que Mme Gabrielle O. Chassé a fait signer cet exemplaire, le sien, par Saint-Exupéry, le 14 avril 1942. Signé à Québec? Peut-être. J'ai déjà lu que l'aviateur et écrivain était à Québec en mai 1942. Peut-être y était-il en avril. Plusieurs "peut-être" donc. Sur cette page de garde, on voit, en bas, le tampon de la Librairie Garneau, laquelle avait pignon sur rue, à Québec, rue Buade. J'ai fait des recherches, avec le secours d'un ami (merci Guy!) sur cette Gabrielle O. Chassé. Il y a une Gabrielle Chassé, née en 1900, de la famille des Chassé, bien connue à Québec, dont était le journaliste Edmond Chassé (1887-1951), son frère le lieutenant-colonel Henri Chassé, premier commandant du Royal 22e Régiment, et son neveu, le grand journaliste sportif  Louis Chassé, que j'ai connu dans mes jeunes années à Radio-Canada. Mais d'où vient le "O" dans Gabrielle O. Chassé? On est ici en pleine conjecture. Je ne veux pas avancer plus loin dans ce qui n'est peut-être qu'une fausse piste.

En terminant, ayons une pensée pour ce géant de l'aviation et de la littérature, Antoine de Saint-Exupéry. Il faut aussi le lire ou le relire.

Dernière heure. Mystère éclairci!

12 avril 2013. Le mystère est éclairci. Une correspondance avec un membre de la famille Chassé me révèle que Mme Gabrielle O. Chassé, ancienne propriétaire du livre et la bénéficiaire de l'hommage de Saint-Exupéry, est en fait Mme Gabrielle Ouellet, épouse d'Antoine Chassé et mère du journaliste Louis Chassé. On me dit que la visite de Saint-Exupéry avait fait forte impression sur Louis. On l'imagine sans peine.