samedi 4 septembre 2010

Prochain article : jeudi.

Chers lecteurs, je publierai mon prochain article jeudi. Je mène deux ou trois projets de front et j'ai finalement arrêté le sujet. Je confesse que je multiplie les vérifications avant de publier depuis que j'ai appris que l'Académie française débat, à huis clos, de chaque nouvel article que je publie.
Dernière heure : publication dès mercredi.

lundi 16 août 2010

Ce blogue a un an.


Ce blogue a un an. Bon, un an à une journée près. Je ne veux pas attendre minuit une pour allumer la chandelle.J'ai publié mon premier article le 17 août 2009; il y en a maintenant une cinquantaine. Plus de neuf mille lecteurs sont venus sur le site; je suis du nombre: mon "Statcounter" comptait au début mes propres visites et les compte encore si j'accède au blogue par mon Blackberry. Le lectorat est principalement européen, suivi du Québec et un peu, au jugé, de l'Afrique francophone. Les pages les plus populaires sont le "dromadaire à deux bosses", les autographes de trois survivantes du Titanic, le mot "dépendamment", l'autographe de l'épouse de Victor Hugo ( Adèle Foucher ), et "le congrès, épreuve sexuelle". J'accueille avec prudence ce palmarès parce que je crois que le "Statcounter" ne tient compte que des deux mille dernières visites et donne largement en avance la page de bienvenue du blogue qui a contenu, à un moment ou à un autre, tous les sujets abordés.
Ce blogue n'est pas commercial et ne le deviendra pas. Je veux garder une liberté absolue pour le choix éditorial et je ne veux pas me préoccuper de la vente de certains exemplaires. Plutôt que le commerce, fort légitime d'ailleurs et que je ne prends pas en mauvaise part, c'est l'amour de la langue française et des vieux dictionnaires qui me guide. J'aime aussi l'Histoire, ce qui explique la présentation de quelques autographes de personnages historiques.Je montre à l'occasion les oeuvres d'excellents artistes du Québec mais je n'ai pas de liens commerciaux avec eux, seulement ceux de l'amitié.
On me demande parfois comment je choisis de traiter d'un mot plutôt qu'un autre. Pour écrire un article du blogue je n'ouvre jamais un vieux dictionnaire pour y choisir au hasard ou par paresse un mot rare ou méconnu. Ce sont plutôt les mots qui me trouvent. Je consulte régulièrement mes vieux dictionnaires, parfois à la recherche d'un mot dont je ne connais pas le sens, ou encore à la recherche d'un autre mot que je veux mieux connaître. Quand je tourne les pages pour trouver ce mot j'en rencontre d'autres qui m'arrêtent. Quand, finalement, je lis la définition du mot que je cherchais, d'autres mots, d'autres expressions, d'autres tournures se présentent à mon oeil, et je veux souvent les mieux connaître. Donc, saut dans d'autres pages, dans un autre tome ou dans un autre dictionnaire...Un jeu de découvertes ou de poupées russes dont je ne me lasse pas, même après plus de vingt-cinq ans de fréquentation des dictionnaires anciens. Au final, je retiens les mots ou les expressions qui intéresseront, selon moi, une personne cultivée. 
Dans les prochaines semaines je publierai un autre article sur Hiroshima puis je continuerai ma présentation des dictionnaires de l'Académie française avec la cinquième édition, celle de 1798. Je remonterai ensuite le temps avec la présentation des éditions de 1762, de 1740, de 1718, pour finir avec celle de 1694. Ce projet va comme un escargot mais il avance.
Je remercie tous mes lecteurs, fidèles ou de passage.
Vous pouvez me joindre pour des questions ou des commentaires privés à l'adresse : pierrebouillon1@gmail.com .
Je vous souhaite de bien profiter des dernières semaines de l'été.
P.S: La définition, partielle, du mot "an" qui coiffe cet article, et que masque la vieille montre Waltham qui est un peu le sceau du blogue, est celle de la première édition du Dictionnaire de l'Académie française (1694).

vendredi 30 juillet 2010

HIROSHIMA. Armen Shamlian, celui qui a pris la photo historique du départ du bombardier "Enola Gay".

La photo qu'on voit ici, en haut, marque dans les mémoires le décollage de l'avion "Enola Gay" qui fera le premier bombardement atomique de l'histoire : Hiroshima. On y voit le pilote Paul Tibbets, saluant de la main, à bord du bombardier, le 6 août 1945, alors qu'il s'apprête à décoller avec son équipage de la base militaire de Tinian. Les douze hommes, car ils sont douze à bord, emportent la bombe atomique qui détruira Hiroshima dans un ouragan de feu.
Ce qui est moins connu, c'est le nom du photographe. Il se nomme Armen Shamlian. C'est lui qui a demandé au pilote Paul Tibbets de saluer et de sourire pour la postérité. Sur l'envoi autographe monsieur Shamlian a précisé que la photo a été prise à 2h45 AM. De cette photo, qui est dans les livres d'histoire, le photographe a eu la gentillesse de m'en tirer une copie originale, avec l'autographe en prime.
J'ai rencontré monsieur Shamlian en octobre 2005, à Arlington ( Virginie ), à l'occasion d'une réunion des vétérans de l'escadron atomique qui a bombardé  Hiroshima ( 6 août 1945 ) et Nagasaki ( 9 août 1945 ). Le président de la réunion, Robert Krauss, avait eu la gentillesse de me permettre de me joindre aux vétérans et à leurs familles. J'étais probablement le seul Canadien à cette réunion de vieux soldats. Voici une photo du photographe Shamlian et de moi avec, en mains, le livre d'histoire de l'escadron atomique "509th Composite Group" ouvert à une page où on voit la photo historique:
















Voici un gros plan de la page du livre. Ce n'est pas un doublon de la photo originale qui coiffe l'article. On voit qu'Armen, ici, écrit: "...P.S. I asked col Tibbets to wave + smile"  ( traduction : "...P.S. J'ai demandé au colonel Tibbets de saluer et de sourire" ) :


Dans les semaines suivantes, monsieur Shamlian, m'a aussi envoyé une belle photo qu'il a prise du bombardier "Enola Gay", au repos si je puis dire, en août 1945 :


Dans les années '90, un journal local, le "Star Ledger", a consacré un article à monsieur Shamlian. On y explique que le photographe a saisi sur pellicule l'histoire des bombardements atomiques. C'est monsieur Shamlian qui a développé les films aériens des explosions. Voici le collage, montrant l'article, que m'avait envoyé le photographe de guerre :

On voit bien que monsieur Shamlian était un photographe de talent, dans le champ et en laboratoire. Alors que je m'apprêtais à rédiger cet article j'ai voulu appeler ce vieux vétéran. J'ai eu la triste surprise d'apprendre, sur internet, qu'il est mort le 19 juillet. Il avait 86 ans. Je garde de lui le souvenir d'un homme souriant et attachant. Je regrette son départ. J'offre mes condoléances à sa famille.

mercredi 14 juillet 2010

Bonne fête à nos amis les Français !

À l'occasion de la fête nationale française, je souhaite une journée magnifique à nos amis les Français. Nous boirons aujourd'hui un bon vin de France à leur santé !

mardi 22 juin 2010

Sens oublié. HAZARD ou HASARD : péril, risque, danger.


Le mot "hasard" signifie de nos jours , comme le dit le Petit Larousse 2010, une "cause imprévisible et souvent personnifiée, attribuée à des événements fortuits ou inexplicables. S'en remettre au hasard. Au hasard : à l'aventure. 2 Événement imprévu. Le hasard d'une rencontre. (...) "
Anciennement, "hasard", qu'on orthographiait aussi "hazard", avait aussi cette signification mais le mot portait également le sens de péril, de risque, de danger. Voyez la définition qu'on trouve dans le Dictionnaire de Pierre Richelet, dans son édition de 1728: on donne d'abord au mot "hazard" le sens de péril avant même de lui donner le sens d'une chose fortuite. Je laisse la définition au complet, sachant que le Richelet n'est pas entre toutes les mains. (Cliquez sur les photos pour les grossir.)




Je complète en partageant avec vous, cher lecteur, un sens méconnu du mot "hazarder":  une viande hazardée c'est une viande qu'on a fait vieillir pour la rendre plus tendre ou pour lui donner plus de fumet. J'ai trouvé cette signification dans l'édition de 1718 du Dictionnaire de l'Académie française. Pour le mot "eclanche", que vous verrez ici dans la définition, voyez ma note à la fin de cet article.

Pour bien souligner que le mot "hazard" portait anciennement le sens de péril, de risque ou de danger, je laisse ici un extrait tiré des Mémoires de Comines, dans cette édition de 1649 que j'ai déjà présentée sur ce blogue. Philippe de Comines écrit ( lignes 3 et 4 ) : " Parquoy on doit bien craindre de se mettre en hazard d'une bataille..."  Vous verrez aussi, à la cinquième ligne, que Comines met au féminin le mot "doute" ( "..., faut mettre avant le coup toutes les doutes dont on se peut adviser." ). Anciennement de bons auteurs, dont Balzac, ont fait "doute" du genre féminin ( Source : Dictionnaire de Trévoux, édition de 1771 ).


Voyez donc, cher lecteur, à éviter les hazards de la vie, mais sachez  accueillir toutes ces choses charmantes que le hasard placera sur votre chemin.


Note sur le mot "eclanche" qu'on a vu  plus haut dans la définition d'une viande hazardée. On remarque que l'Académie écrit dans son exemple "eclanche", sans "s" muet après le premier "e". Mais on ne trouve pas le mot avec cette orthographe dans la suite des définitions du dictionnaire cité. L'Académie l'écrit  plutôt "esclanche".  C'est un signe que l'orthographe est changeante et que même l'Académie s'y laisse prendre. Il faut dire, cependant, que l'Académie a écrit dans une des préfaces de son Dictionnaire qu'en cas de disparité il faut privilégier l'orthographe du mot quand il est écrit en lettres majuscules. Voici la définition du mot "esclanche" dans le même dictionnaire ( Dict. de l'Académie, 1718 ) :

Bon. Mangeons du gigot, ce sera plus simple.

mardi 1 juin 2010

CRÉPUSCULE. Soir ou matin.

Crépuscule du matin. Old Orchard. Photo Pierre Bouillon.
Crépuscule du soir. Berthier-sur-Mer. Photo Pierre Bouillon.
Crépuscule du soir. Photo Claude Mathieu (*)
Crépuscule du matin. Photo Claude Mathieu (*)
Le crépuscule, c'est cette lumière indécise qu'on voit le soir après le coucher du soleil. Tous le savent. Mais c'est aussi, et plusieurs ne le savent pas, ou l'oublient, cette lumière indécise qu'on voit avant le lever du soleil.
On peut très bien dire "crépuscule du soir" ou "crépuscule du matin". Je prends Charles Baudelaire à témoin: on trouve dans "Les Fleurs du mal" un poème qui porte le titre "Le Crépuscule du soir" et un autre qui porte le titre "Le Crépuscule du matin". Voyons, d'abord, la définition que donne l'Académie française, au mot "crépuscule", dans la première édition de son Dictionnaire (1694):


On parle bien, dans cette définition, de deux crépuscules : le crépuscule du soir et le crépuscule du matin. Dans le premier paragraphe : l'Académie dit que le crépuscule, c'est "le temps où la lumière est encore faible"  . J'y vois une allusion au début du jour, vu que la lumière est "encore" faible. D'autres y verront un début de nuit, alors que la lumière est encore faible, avant de s'éteindre. On fait suivre d'un exemple où on parle du crépuscule du soir : "Il n'estoit pas tout-à-fait nuit, il y avoit encore un peu de crépuscule." La définition de la seconde édition du Dictionnaire (1718), bien que plus courte, me semble plus claire. Un signe, d'ailleurs, que cette seconde édition n'est pas qu'une simple mise en ordre alphabétique de l'ordre par mots Primitifs adopté par celle de 1694 :


Les anciens dictionnaires qui parlent de crépuscule parlent non seulement des crépuscules du soir et du matin mais donnent parfois la priorité au crépuscule du matin. Voyez la définition du Dictionnaires des Arts et des Sciences (1694) publié par l'Académie . Ne lisez que le début, qui peut suffire :


Vous aurez noté, dans la photo ci-haut, qu'on écrit : "...il y a aussi un crépuscule du soir qu'on appelle Vespre."(...) C'est très juste. D'ailleurs j'ai la nette impression qu'avant 1694 on employait plutôt le mot "vêpre" que le mot "crépuscule". Je ne trouve pas le mot "crépuscule" dans l "Invantaire des Deus Langues Françoise et Latine" du Père Philibert Monet, publié en 1635, mais j'y trouve les mots "vespre", "vesprée", ''vepre", "veprée" déclinés dans de nombreux sens apparentés au déclin du jour ou au crépuscule. Au risque de vous lasser, cher lecteur, voici la liste complète donnée par Monet :



Vous aurez peut-être noté, au bas de la première photo de l'Invantaire , que selon Monet le mot "vêpre" a aussi le sens de l'occident, de l'ouest si on veut. Il écrit : "Le Canada est au vepre de la France. (...)"
Nous sommes ici en 1635. Le père Monet parle du Canada, et non pas de la Nouvelle-France.
Le mot "vêpre", au sens de "soir" ou de "fin du jour" est sans doute ancien parce que l'Académie elle-même le donne vieux en ce sens dans l'édition de 1694 de son Dictionnaire :


Je termine cet article, déjà un peu long, en vous amenant ailleurs avec la définition de "Vêpres Siciliennes" que donne le Dictionnaire de Pierre Richelet dans son édition de 1728. Je la donne parce que vous verrez en fin d'article que Richelet se permet, à l'occasion, de faire dans son Dictionnaire des commentaires qu'on ne pourrait pas imaginer dans les dictionnaires modernes : "...& la France s'en souviendra long-tems".


Dans un article que je publierai prochainement j'essaierai de montrer la différence entre l'aube et l'aurore.
Je le dis tout de suite, selon moi, l'aube précède l'aurore; l'aurore c'est quand les premiers rayons du soleil apparaissent.

(*) Deux des quatre photos qui coiffent cet article ont été prises par monsieur Claude Mathieu, résident de Cap-aux-Oies, non loin de Québec, dans le beau comté de Charlevoix. Monsieur Mathieu, maintenant retraité, a été caméraman pendant de nombreuses années à la Colline parlementaire de Québec pour les chaînes de télévision CFCF-CTV. Monsieur Mathieu détient le "copyright" pour ces deux photos. Je le remercie de m'avoir permis de les utiliser pour cet article.


jeudi 20 mai 2010

Dictionnaire de l'Académie française. Sixième édition ( 1835 ).



 "...cette édition reste, avec celle de 1762 et celle de 1932, l'une des plus travaillées et l'une des meilleures."
Ferdinand Brunot, " Histoire de la langue française des origines à nos jours ", Paris, Armand Colin, 1948, tome XII .



Cher lecteur, après un long silence que m'ont imposé des travaux de rénovation à la maison (*), je vous présente aujourd'hui  une autre édition du Dictionnaire de l'Académie française, celle de 1835, la sixième publiée par l'Académie. Des articles précédents, que vous trouverez dans des pages plus anciennes du blogue, ont présenté la septième édition ( 1878 ) et la huitième édition ( 1932-1935 ) (**) . Cette édition de 1835 est composée de deux volumes de format in-quarto. Nombre de pages, excluant les pages "accessoires" : 911 pour le tome premier, 961 pour le tome second. Il y a trois colonnes à la page pour les définitions.



Cette sixième édition, la première des deux seules publiées par l'Académie au XIXè siècle ( 1835, 1878 ), "...reste, avec celle de 1762 et celle de 1932, l'une des plus travaillées et l'une des meilleures." nous dit Ferdinant Brunot dans sa monumentale "Histoire de la langue française des origines à nos jours", Paris, 1948, Librairie Armand Colin, Tome XII, page 564. Il écrit aussi dans les pages qui précèdent que "les rédacteurs de l'édition de 1835 ont attaché, avec raison beaucoup d'importance à la définition des mots." et que le classement des exemples "est plus clair, plus net, et plus logique." Mais après de si beaux compliments, Brunot ajoute, sévèrement : "Aujourd'hui ce Dictionnaire de l'Académie nous paraît bâtard. Il n'est pas un dictionnaire historique, -- et il conserve des sens désuets et des vocables défunts;--il n'est pas un dictionnaire de l'usage, car il rejette, pour des raisons diverses, abat et embêter;--il n'est pas un dictionnaire du bon usage, car il admet des mots et des expressions qu'il qualifie de vulgaires, de populaires et de triviales."  Dieu merci Brunot vient de dire que l'édition est " l'une des meilleures " , je n'ose pas imaginer ce qu'aurait été son jugement pour une mauvaise édition ! Il me fait penser à certains qui disent qu'une femme est belle et qui allongent ensuite une liste de défauts, réels ou imaginés. Au surplus on critique trop souvent les dictionnaires pour les mots qui n'y sont pas ou pour les mots qui y sont ; il faut arrêter de couper les cheveux en quatre et regarder plutôt l'ensemble de la chevelure. 
Ce qui est remarquable dans cette édition du Dictionnaire de l'Académie, c'est la qualité de sa longue préface, écrite par Abel-François Villemain ( 1790-1870 ) , qui a été secrétaire perpétuel de l'Académie. Villemain est un personnage considérable de l'époque dans le domaine de la langue française; le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, de Pierre Larousse, lui consacre une demi-douzaine de colonnes. On lit en début d'article que Villemain a été "célèbre écrivain et professeur, ancien ministre de l'instruction publique"  et qu'il était, tout jeune, un prodige dans le domaine des langues. Je n'entre pas dans les détails de sa longue et fructueuse carrière. La préface de Villemain, toujours saluée par les commentateurs du Dictionnaire que j'ai lus, couvre vingt-cinq pages. On y sent à chaque phrase que celui qui écrit a beaucoup lu et longuement réfléchi sur les origines et la grandeur de la langue française ainsi que sur les difficultés qu'on rencontre dans la préparation d'un dictionnaire. Je ne vous conseille pas de lire cette préface en conduisant votre voiture: c'est une lecture parfois exigeante qui n'a pas toujours la lumineuse clarté d'un Victor Hugo: on a parfois l'impression qu'il faut déjà connaître ce que nous explique Villemain. Cela dit, c'est une lecture obligée si on veut mieux saisir la grandeur de la langue française et les difficultés de rédaction d'un dictionnaire. Pour illustrer, je vous laisse ici un extrait où Villemain explique la difficulté de définir certains mots . Il dit : " Il y a beaucoup de mots qu'on ne saurait définir, parce qu'on ne peut les interpréter par une idée plus claire que celle qu'ils portent avec eux." J'ai déjà lu, ailleurs, qu'il est plus facile de définir le mot "télescope" que le mot "voir". Je retrouverai la source ( probablement une autre préface du Dictionnaire de l'Académie ).  Pour grossir le texte, cliquez sur la photo; pour revenir, cliquez sur votre "retour de page" ( pas sur le X ) .
                                     
Cette sixième édition du Dictionnaire de l'Académie n'est pas rare; on ne la trouve pas sur les bancs de parc mais on peut se la procurer  sur internet à prix raisonnable . Si on m'obligeait, pour le XIXe siècle, à choisir entre les deux éditions publiées par l'Académie ( 1835 et 1878 ), je choisirais celle de 1878 : elle est plus belle et on y trouve toutes les anciennes préfaces du Dictionnaire, dont celle de Villemain qui enrichit l'édition de 1835.   
Je veux terminer cet article en laissant la parole à Villemain justement. Cette citation, pages IX et X de la Préface du Dictionnaire de 1835, je la destine à tous ceux qui malmènent la langue française en exagérant les emprunts, souvent à l'anglais, pour se donner de grands airs cosmopolites:

"Car une langue, c'est la forme apparente et visible de l'esprit d'un peuple; et lorsque trop d'idées étrangères à ce peuple entrent à la fois dans cette forme, elles la brisent et la décomposent; et, à la place d'une physionomie nationale et caractérisée, vous avez quelque chose d'indécis et de cosmopolite".  

(*) : Divers travaux : rénovation de l'héliport, ajout d'un troisième garage pour la Bugatti Veyron...Les écuries et les fontaines attendront. 
      
(**) : Édition de 1932-1935; voyez l"article du 25 janvier.
         Édition de 1878: voyez l'article du 8 mars.