vendredi 4 décembre 2009

Autographe de l'épouse de Victor Hugo ( Adèle Foucher ) .


Autographe de l'épouse de Victor Hugo ( Adèle Foucher ) .

Cher lecteur, je complète ici, d'une certaine façon, la présentation que j'ai faite récemment d'un envoi de Victor Hugo à Émile de Girardin, dans une édition des " Châtiments ". Je vous présente aujourd'hui un autre envoi à Émile de Girardin, mais cette fois-ci de la main de l'épouse de Victor Hugo, madame Adèle Foucher. Nous lisons : "À Mr Émile de Girardin. Fidèle et profonde sympathie." On voit sur la photo qu'Adèle signe "Adèle Victor Hugo". Cliquez sur la photo, ci-haut, pour examiner l'autographe; pour revenir au blogue, cliquez sur votre "retour de page". Décidément, le puissant éditeur de "La Presse" n'était jamais oublié par les Hugo lorsqu'ils publiaient. Voici un portrait d'Émile de Girardin qui avait été glissé dans le livre:

L'exemplaire qu'a signé l'épouse de Victor Hugo est le tome premier de l'édition originale du livre  "Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie"  ( 1863, Paris, Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckhoven éditeurs ). On lit partout que ce livre est le fruit d'une collaboration d'Adèle Foucher et de son mari Victor Hugo. Je ne l'ai jamais lu mais on y fait souvent référence dans les nombreux ouvrages que j'ai lus sur Victor Hugo. Voici le livre ouvert à la page de titre. Cliquez sur la photo pour l'agrandir; pour revenir cliquez sur votre bouton "retour de page".


Je n'ai pas, à mon regret, le tome second de cette édition originale. Je ne le trouverai jamais, comme c'est toujours le cas lorsqu'on achète une partie d'un ensemble brisé. Cependant, je n'ai pas hésité à faire cet achat : le prix était si bas que l'autographe seul le valait amplement. Le livre est en prime si je puis dire. D'ailleurs j'ai caché le prix avec ma montre de poche sur la première photo : révéler ce bas prix pourrait faire crever la bulle du prix des autographes. Je ne veux pas provoquer ici une autre récession alors qu'on sort à peine de temps économiques difficiles.
Pour avoir le texte complet du "Victor Hugo raconté...", je me suis rabattu sur le même titre, mais publié en 1936 dans l'Édition Nelson. Deux petits livres charmants, payés une bouchée de pain. Les voici :


La montre, toujours la même, donne une idée de la taille des volumes. Voici les deux pages de titre :


Je possède plusieurs livres de cette "Collection Nelson". On en voit souvent sur le marché de l'occasion mais ils sont plus difficiles à trouver avec leurs jolies jaquettes. Je n'achète que s'il y a une jaquette.

Madame Victor Hugo, née Adèle Foucher, a eu cinq enfants. Dans l'ordre : Léopold, né en 1823 mais mort quelques mois après sa naissance; Léopoldine, née en 1824 et morte noyée avec son mari, à Villequier, en 1843; Charles, né en 1826, mort en 1871; Francois-Victor, le grand traducteur des Oeuvres Complètes de William Shakespeare, né en 1828, mort en 1873; et Adèle, jolie femme à l'esprit troublé, née en 1830 et morte à l'asile en 1915.
Adèle Foucher, est née en 1803. Elle est morte en 1868, cinq ans après avoir signé mon "Victor Hugo raconté...". Son autographe, qui coiffe cet article, a peu coûté, mais il me coûterait de le perdre parce que j'y suis attaché et qu'il dort à côté de celui de son mari Victor.

6 commentaires:

Bertrand a dit…

Ce que vous racontez ici Pierre est tout ce pour quoi je suis devenu bibliophile il y a maintenant plus de 20 ans ! Et je n'en n'ai que 38 !

Ce que nous cherchons avant tout, c'est de l'émotion. Que le livre soit beau ou non, complet ou non, n'a finalement qu'une bien faible importance, quand un élément exceptionnel, vient, comme ici, transcender le tout.

Merci

Bertrand

Pierre Bouillon a dit…

Bien dit Bertrand. L'émotion d'abord. Je possède quelques livres achetés à bas brix, sur le marché de l'occasion, qui m'ont donné autant de plaisir que quelques autres, plus beaux ou plus rares. Je reviendrai sur ce thème dans un prochain article. Merci pour ce commentaire.
Pierre

Pierre a dit…

Où l'on découvre que Hugo a vu mourir ses quatre enfants et s'étioler son cinquième.

Pour devenir un monument vivant, il faut avoir une grande espérance de vie mais au prix de grands chagrins.

Les autographes des écrivains (ou de leurs proches) ont ceci de bien qu'ils donnent une âme à leurs livres.

Pierre

Pierre Bouillon a dit…

"...au prix de grands chagrins..."
La longévité est à ce prix comme vous le soulignez si bien Pierre.
On n'y pense pas à vingt, trente ou quarante ans. Et c'est très bien ainsi. Mais comme je suis à la fin de la cinquantaine, j'y pense un peu plus ! Quand je tiens dans mes mains les plus vieux livres de ma collection,je sens vraiment que nous ne sommes que des gardiens temporaires de ces témoins du passé. Il faut donc en prendre soin pour les amateurs qui suivront et qui ne sont même pas encore nés.
Merci

Anonyme a dit…

Bonjour Pierre,

'' gardiens temporaires ''

En plein dans le mille... je dirais.....

Aimer le beau et le rechercher comme un oxygène vital ne peut se faire qu'avec le respect du temps, qu'avec la certitude de n'être que de passage sur terre d'où découle cette garde temporaire obligée.

Et tout cela sans angoisse ni culpabilité, car nous ne sommes que créatures et c'est, soyons juste, uniquement de la responsabilité du Créateur que d'expliquer éventuellement un jour le choix des options qu'ils nous a infligées lors de notre naissance faite d'ailleur sans notre consentement préalable.

Belle journée et merci de votre blogue généreux.

Michel Zimmermann
Artisan

Pierre Bouillon a dit…

Bonjour Michel,
Votre commentaire sur notre rôle de "gardiens temporaires" est bien senti et invite à la réflexion.
Merci
Pierre B.